Christian Winghtans, “L’homme qui murmure à l’oreille des chevaux”

Christian Winghtans est éleveur de pur sangs, avec sa femme ils se sont lancés dans un pari fou il y a près de 40 ans : travailler dans le monde des chevaux.

Tout juste rentré de Dubaï, encore bronzé, le couple raconte autour d’un café les détails de son voyage. Ils reviennent avec des étoiles plein les yeux, leur cheval a gagné la course tant attendue. À 68 ans Christian Winghtans et sa femme Raymonde Winghtans possèdent le Haras de la Forêt près de Pont l’Evêque. Avec des chevaux aussi performants que Don Papa, Golden Wood ou encore Forest King tout semble sourire à ces éleveurs de renom. Cependant trouver sa place n’a pas toujours été simple. “ C’est un milieu à part, les gens ne t’expliquent pas, ne t’aident pas, c’est simple ils veulent te démolir par jalousie et appât du gain. C’est un univers impitoyable”

Le couple s’est lancé dans cette aventure il y a près de 40 ans sans aucune expérience dans ce milieu. À 17 ans Christian a fait ses débuts dans l’entreprise de bâtiment de son père, l’avenir semble être tout tracé au sein de cette société. À cette même période il rencontre Raymonde, une jeune Parisienne, et en tombe instantanément amoureux “et depuis mamie Nova est toujours avec moi” dit-il hilare. Christian a toujours monté à cheval. Il fait découvrir à sa fiancée sa passion. Ils se marient en 1973 et décident alors d’acheter une maison en Normandie pour y venir se reposer et monter à cheval le week-end. Christian commence à s’entretenir avec des professionnels des haras voisins, un jour il décide d’offrir à sa bien aimée une jument prête à mettre bas nommée “En or”.

La jument met bas d’une pouliche nommée “Étoile du pin”, des connaisseurs des haras voisins l’ont vite remarquée “beaucoup de gens sont venus nous voir pour nous dire qu’avec d’aussi bonnes origines il fallait absolument mettre ce poulain à l’entraînement et le faire courir”.

Il décide alors de se lancer dans cette aventure “je n’avais jamais vu un Hippodrome ni un centre d’entraînement de ma vie”. Son cheval est bon, il décide de le faire concourir. À la surprise générale sa jument gagne la course, il remporte une somme d’argent importante. Il se lance ainsi dans l’achat d’autres chevaux et en 1980 il devient éleveur de galopeurs.

Raymonde a décidé de suivre son mari dans cette voie. Ensemble, ils forment une véritable équipe et se prennent de passion pour l’élevage “Tu ne peux pas investir l’argent, le temps et le travail qu’on y a investi sans passion”. À 68 ans Christian et sa femme souhaiteraient partir à la retraite et donc vendre le haras mais ils ne peuvent se résoudre à se séparer de leurs chevaux. “Nous vendons très rarement nos chevaux. Une fois on a vendu une jument à Deauville, elle est montée à 280 000 euros mais Raymonde a levé la main et l’a rachetée. C’est les sentiments, on ne peut pas aller contre.”

Contrairement aux haras des environs, Christian et sa femme n’ont pas de personnel, ils sont les seuls à s’occuper  de leur propriété et de l’ensemble de leurs chevaux. Ils se différencient également par leur attachement à ces animaux. Loin d’être considérés comme des numéros, leurs chevaux font partis intégrante de leur famille.

“J’aurai toujours des chevaux, beaucoup moins, mais oui j’en aurai toujours, c’est une partie de ma vie.”

Christian et sa femme ne s’imaginent pas une seconde vivre sans chevaux “On vit avec les animaux, on les côtoie du matin au soir, on est toujours là pour eux. Un animal te rend son sentiment. On est un peu gaga c’est vrai.”

 Stéphanie Lecointe 

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