Giorgi : Géorgien aujourd’hui Français

Il aime la France et la remercie. A cause de la guerre en Géorgie et de sa maladie rénale, Giorgi, ancien footballeur professionnel, a décidé de quitter son pays il y a sept ans, et de refaire sa vie en France. Retourner en Géorgie ? Sûrement pas. Ici, Giorgi s’est fait des amis et vit dans un appartement d’un quartier nord de Caen. Sa femme, Natia, l’a rejoint il y a à peine un an, et a donné naissance à leur petite fille Lisa, début janvier dernier.

En Géorgie c’est la même situation que l’Ukraine. Les russes prennent du territoire tous les jours. On ne peut rien faire pour changer les choses.” C’est par son statut de réfugié politique, et plus particulièrement par la découverte à 22 ans de sa maladie, que Giorgi a pu rejoindre la France. Depuis 2008 en Géorgie a éclaté un conflit avec la Russie. “Les Russes ont intoxiqué l’eau, ce qui a réveillé mon problème génétique aux reins. Et en Géorgie, il n’y a pas de travail pour les malades.” Contraint, Giorgi a dû mettre un terme à son activité professionnelle, le football, pour se faire soigner dans un centre de dialyse, où il a rencontré Natia; son infirmière, et son épouse aujourd’hui. “Je ne pouvais pas rester là-bas car il n’y avait pas de médicaments. Je suis parti de Géorgie pour fuir la guerre, et pour ma santé.”

« Bonjour » et « au revoir ». Ce sont les deux seuls mots que Giorgi connaissait à son arrivée sur le terrain français en 2011. C’est avec du cœur au ventre que Giorgi a pris la route pour venir en France, son pays adoré depuis la coupe du monde de 1998. Aujourd’hui, il a réussi à s’intégrer: Je suis bien en France et je préfère rester ici. Pas seulement par sécurité, mais parce que je connais beaucoup de personnes maintenant.” 

Accueilli en Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA), Giorgi a d’abord habité pendant près de cinq années à la grâce de Dieu, un quartier difficile de la région caennaise.J’accueillais aussi un ami qui vivait dehors. C’était difficile.”

A présent, Giorgi habite dans un quartier plus calme, et a obtenu un don d’organe. “Je fais une perfusion tous les 15 jours pour ma maladie. Si je ne la prends pas, mon nouveau rein s’arrête de marcher. En Géorgie, le médicament anti-rejet n’existe pas”. Car en France, l’accès aux soins est plus simple que dans son pays d’origine signale t-il. “Ici, il y a des aides pour les malades, là-bas, il n’y a rien.” Greffé il y a à peine 2 ans, Giorgi n’a plus besoin de se rendre à l’ANIDER, son ancien centre de dialyse, un lieu dont il est redevable. “Les infirmières et les patients ont été très gentils et bienveillants avec moi, ils m’ont aidé à avoir une sociabilité, parler français et regagner ma santé.”

Après avoir obtenu le permis de conduire français, Giorgi espère trouver un travail. Son ambition ? Chausser ses crampons et retrouver le football qu’il aime tant. Non pas en tant que joueur cette fois-ci, mais en tant qu’entraîneur pour les jeunes.

                                                Alizée Colin

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