Hervé Le Tarnec, dentiste à Bayeux et le cœur en Asie

Hervé Le Tarnec est chirurgien-dentiste à Bayeux depuis 25 ans mais est aussi membre d’une association humanitaire aux Philippines. Chaque année, il part à Manille pour prodiguer des soins dentaires aux enfants démunis.

“J’aime partir à la rencontre de ces populations, mais pas comme un simple touriste. Les vacances à l’hôtel, ce n’est pas mon truc… Il n’y a rien de plus intéressant que d’aider une population en détresse”. Attiré depuis toujours par les pays asiatiques, Hervé s’est tourné vers l’association APLIC de l’un de ses confrères dentistes, qui est une branche de l’association Virlanie. Avec cette association, il est parti trois fois à Manille dans un orphelinat pour soigner des enfants philippins. “Comme on revient au même endroit chaque année, on revoit les enfants que l’on a soigné. Et on voit que ça porte ses fruits, ça change la vie de ces enfants” évoque-t-il, le sourire aux lèvres. Il a également travaillé dans un hôpital au Vietnam, il évoque son engagement : “c’est le côté “je sais faire quelque chose et je donne de mon temps pour aider les autres en le faisant””.

Quand il est sorti de l’université en 1992, il n’y avait pas tant de missions humanitaires dentaires. “Les jeunes peuvent maintenant faire des stages à l’étranger, partir en Erasmus ou faire de l’humanitaire. C’est une chance” confie-t-il. Aujourd’hui, ce type de missions est fréquent même si on en entend très peu parler. Il existe en réalité de nombreuses associations dont le but est d’aider et soigner les populations des pays pauvres.

” On voit des gamins dormir sur des cartons dans la rue, nus”

Son désir de faire de l’humanitaire ? Il l’explique par le contraste entre la vie en France et dans ces pays en développement. “En France c’est la course, c’est un peu déshumanisé. Ici c’est intense voire difficile parfois mais il n’y a aucune notion d’argent ou même de reconnaissance : c’est gratifiant”. En effet, les conditions de travail ne sont pas idéales : forte chaleur, pas de climatisation, matériel spartiate,… “La deuxième année, je me suis retrouvé sur les marches en me disant que ça allait être très dur. On transpire comme des bêtes sous 30° degrés avec nos lampes frontales, mais c’est aussi cela qui fait qu’après on est heureux de l’avoir fait. C’est un défi, comme un semi-marathon : on l’a fait, on l’a bien fait et c’était utile”.

Aucun doute, aucune appréhension en partant : le plus dur est d’être confronté à tant de misère sur place. Orphelins, bidonvilles, criminalité,… On se confronte à des images très dures. “On voit des gamins dormir sur des cartons dans la rue, nus”, des mots forts pour une situation difficile à affronter. Malgré tout, les Philippins sont très accueillants : il n’y a aucune animosité, ils ne sont pas envieux mais dignes. C’est un réel choc des cultures.

Après trois missions réussies aux Philippines, l’aventure d’Hervé Le Tarnec au sein de l’association APLIC est désormais terminée. Des perspectives pour l’avenir ? Le dentiste aimerait continuer ses missions au Laos ou au Cambodge. “On y prend goût c’est comme faire le tour du monde… Etre déconnecté du quotidien, le côté partage et humain, c’est incroyable”.

Clarisse PATRIX

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