« Je me souviens » de mes souvenirs

En cours d’Expression, l’atelier d’écriture créative est l’occasion de travailler sa plume et donner libre-cours à son imaginaire. Le mythique “Je me souviens” de Georges Perec offre une première possibilité d’inventaire.  “Ces « je me souviens» ne sont pas exactement des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d’un même âge ont vues, vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées” . (Extrait de la présentation par Georges PEREC de ses 480 « Je me souviens » / 1973-1977). On laisse librement se dérouler le fil des souvenirs, attentif à la qualité de la sensation, au détail. Les lieux ont un nom, les bonbons des couleurs, les génériques de séries revivent. Le particulier touche à l’universel. Une qualité d’écriture que les étudiants réinvestissent dans leurs textes de communication, qu’il s’agisse de faire vivre un reportage ou de donner du relief à son projet.

 

« Je me souviens », de l’odeur de Marlboro et du parfum Chanel, lorsque ma mère se maquillait dans la salle de bain.

 

« Je me souviens », du regard de la caméra, et de mon grand père, lorsqu’il filmait chacune des mes bougies soufflées.

 

 « Je me souviens », des chansons dites aux commerçants de Douarnenez, le lendemain de la St Sylvestre, pour avoir un euro : « Bonne année, bonne santé, fouilles tes poches pour me donner ».

 

« Je me souviens », de cette douleur physique qui revient chaque été, lors de la reprise de handball, où la course et la musculation m’épuisent.

 

« Je me souviens », des picotements sous les pieds quand on courrait dans les rochers, entre cousins, sur la plage du Rheun.

 

« Je me souviens », des larmes de mon père, lorsque mon équipe de copine et moi, avions gagné le match contre Paris Galaxy, celui qui nous offrait le titre de championne de France.

 

« Je me souviens », de cette forte odeur d’encens, du froid de la pierre, et de la noirceur des gens, lorsqu’il a fallu te dire adieu.

 

Je ne me souviens pas de mes premiers pas, mais « je me souviens » que ma mère me les comptait pour m’endormir.

 

Pauline Le Dret

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