Nathan De Marcovitch : le grand frère

Nathan De Marcovitch est un jeune homme de 21 ans, originaire de La Folie-Couvrechef à Caen. Animateur municipal dans sa ville de toujours, il travaille dans un centre de loisirs de Caen et à l’école Bicoquet, en centre-ville, depuis le début de l’année. Auprès des enfants, Nathan s’est enfin trouvé. Portrait.

“L’animation, ça a changé ma vie, ça a eu un impact positif, et pas que sur ma vie professionnelle”. Casquette aux couleurs d’un célèbre manga japonais, sac-à-dos Superman au-dessus de son gilet jaune et un survêtement de l’Olympique de Marseille. Chaque vendredi, Nathan descend les rues de Caen accompagné de sa joyeuse troupe de marmots en direction de la halle aux granges. “C’est assez cool de se lever tous les jours et d’aller au taf avec le sourire quand tu sais que ça va bien se passer”. Cela n’a pas toujours été le cas. Après un parcours scolaire atypique, déscolarisé en 4ème pour des raisons familiales et malgré de nombreuses tentatives de reprendre ses études, qui se sont à chaque fois soldées par un échec. “Dans mon esprit je n’y étais plus du tout, je tenais trois semaines ou un mois puis je me barrais”. Un peu perdu, sans savoir ce qu’il voulait faire de sa vie, il intègre le GRETA d’Hérouville où il a une révélation : l’animation. “C’est apparu comme un flash, je me suis dit c’est parfait pour partager des choses que j’aime, qu’elles soient sportives ou culturelles”. Il avoue cependant que ça n’a pas toujours été une évidence : “je faisais partie des personnes à qui t’en parle et qui disaient ‘Ah non, moi les enfants je peux pas, ça va crier, ça va m’énerver au bout de 5 minutes’ “.

« L’animation a changé ma vie »

Désormais, c’est plein de fierté qu’il défend son travail auprès des enfants. Il aime d’ailleurs mettre en avant l’importance pédagogique que cela comporte : “on a une mission d’éducation qui est quasiment équivalente à celle d’un éducateur spécialisé, même si elle est différente. Alors qu’au final c’est impossible à comparer, parce que ça paraîtra aberrant à tout le monde”.

Nathan reste fidèle à ses principes, il aime faire découvrir ses passions aux jeunes et reste toujours très impliqué dans ce qu’il fait. “Moi j’aime bien participer, organiser des trucs, me dépenser et du coup forcément ça crée un climat de confiance, ce qui permet de bien marcher avec les enfants”. Pour lui l’animation nécessite “d’avoir une âme d’enfant au niveau de ces loisirs et intérêts, tout en restant adulte”.

“Travailler dans l’animation, c’est top mais au bout d’un moment il faut pouvoir en vivre, c’est pour cela que je ne me vois pas faire carrière là-dedans, mais plutôt en profiter pendant au moins deux ans”. La précarité de son travail est un problème qu’il regrette. “Je trouve ce métier très sous-estimé et ce n’est pas normal que la situation soit aussi précaire”.

Quitter l’animation ? Oui, mais avec un rêve, celui d’aller à la fac : “j’ai envie d’aller à la fac, sans idée arrêtée. J’ai envie d’aller à la fac pour la fac”. Il se voit quand même mettre à profit cette expérience, notamment son approche des relations humaines. Il aimerait donc intégrer la fac de psychologie, “ça peut être un petit peu la suite logique par rapport à ce que je fais avec les enfants, dans le rapport humain que tu as ou dans la compréhension de l’autre”.

Amoureux de l’écriture, il a également envie de se remettre à écrire dans l’optique de se faire éditer, même si ce désir reste comme un objectif secondaire. En effet, pour cet enfant de Caen, la priorité reste “d’être à l’abri financièrement, avant la retraite, pour découvrir le monde et voyager”.  Car son avenir, confie-t-il en plaisantant, il le voit “riche, très riche”.

Léo Leservot

 

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